Google Amazon, stratégies différentes objectif commun : le contrôle du marché du livre électronique

Article publié le Jeudi 19 novembre 2009 à 17:01

On l’aura compris, le marché du livre électronique est en train d’exploser. Aussi, tous les géants de l’électronique, de l’internet et de l’édition s’intéressent-ils de très près à cette « niche » en passe de devenir la norme.

Entre avril 2007 et avril 2008, la croissance des ventes de ebook fut 5 fois supérieure à la croissance des ventes de tous les autres types de livre, faisait remarquer David Shanks, PDG de Penguin Group, une importante maison d’édition nord américaine. De même, il s’est vendu plus d’ebook dans les 4 premiers mois de 2008 qu’au cours de toute l’année précédente.

Fin 2009,  22% des internautes du monde se déclarent intéressés par les livres électroniques (dont plus de 45% en Amérique latine, moins de 20 % en Amérique du nord et en Europe et un petit 8% en France).

Les ventes mondiales d’ebook représentaient (en valeur) plus de 300 millions de $US en 2007, elles devraient représenter un montant de près de 9 milliards de $US en 2013 selon le cabinet américain In-Stat.

Sur la même période, les ventes d’eReader (lecteurs de livres numériques) devraient être multipliées par 30, passant de plus de 900 000 ereaders écoulés en 2008 à près de 29 millions en 2013. Pour le seul marché américain, de loin le plus avancé à l’heure actuelle, près de 3 millions de lecteurs numériques auront été écoulés en 2009 et le cabinet Forrester prévoit que ces chiffres vont doubler en 2010.

Une étude menée par Forrester auprès des internautes américains estime que les ereader ne pourront atteindre un marché de masse que si leur baisse drastiquement pour se situer entre 50 et 100 $US (soit jusqu’à 10 fois moins que les prix pratiqués aujourd’hui en Europe).

L’avènement du règne du ebook dépend entre autre de la démocratisation des ereaders, lequel dépend à son tour de nombreux facteurs. Au nombre desquels il convient de citer : l’arrivée de nouveaux entrants, l’expansion internationale de la disponibilité des ebooks, un déclin du prix des ereaders et la distribution massive de la presse par voie électronique.

Google Vs Amazon, merci www.lepost.fr !

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Amazon, le leader mondial de la vente en ligne, n’est pas en reste sur le sujet puisqu’il détient près de 60% des parts de marché aux USA. Il s’est lancé en 2007 en sortant son propre lecteur numérique : le Kindle.

Amazon s’est engagé dans une « stratégie redoutable » (sic un excellent article de Marie-Catherine Beuth et Delphine Denuit, dans le Figaro économie , pages saumon, du 4 novembre 2009) : il achète aux éditeurs la version numérique de leurs ouvrages au prix du papier pour ensuite les revendre beaucoup moins chers (moins de 10 $) sur son site Kindle Store. On estime que 30% du prix d’un ebook est reversé aux auteurs et éditeurs. Cette politique de « dumping littéraire » inquiète et agace. Il propose également de s’abonner aux principaux journaux. Le bénéfice net du groupe à bondi de 68% sur le dernier trimestre, tiré notamment par les ventes du Kindle et l’annonce le 19 octobre de sa diffusion dans le monde entier.

Google quant à lui est déjà présent sur la scène internationale depuis 2004 avec une stratégie plus axée sur le contenu. Il numérise des millions d’ouvrages à ses frais en partenariat avec de grandes universités (Oxford, Harvard, Stanford, etc) et bibliothèques (NYC, BNF, etc); et se rémunère grâce à la publicité (du fait de la présence des livres sur son moteur de recherches) et la location des bases de données de titres aux institutions. Aux termes d’un accord âprement négocié entre Google et l’AAP (Association des éditeurs et guilde auteurs américains) qui devrait être entériné par la Justice américaine le 18 février, le géant de l’internet prévoit de reverser 63% des gains aux auteurs et ayants droit.

En privilégiant l’importance des volumes (des millions de titres et de ebook gratuits) et l’utilisation de epub, le format d’édition ouvert, Google multiplie les contrats.

Sony, fabricant des readers PRS 505 et PRS 600, a déjà signé pour améliorer son offre sur The eBook Store.

Barnes & Noble, l’un des plus gros libraires américains présent depuis 1932, emboite le pas et propose des livres électroniques téléchargeables sur la plupart des supports grâce au B&N eReader (mac, pc, iphone, blackberry, ipod) et vient de lancer son propre lecteur, le Nook.

Apple est lui très attendu sur la prochaine sortie de sa tablette tactile mutimédia. S’il parvient à réaliser sur l’édition le « hold up » (appareil : ipod + boutique dédiée : iTunes store + prix unique : 0,99$US) qu’il a réussi sur la musique avec iTunes, la bataille va faire rage.

Désormais, grâce aux formats d’édition ouverts et aux logiciels de lecture multi supports, il devient aisé de lire de bons ouvrages où que l’on se trouve et quel que soit l’appareil que l’on possède (Quid d’un livre d’art en HD sur tablet pc ultraportable ?).

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